Charles Klagba : « Être Église ensemble ! »

Le pasteur Charles Klagba est nommé sur le poste de l’Église protestante unie de la Somme à partir du 1er juillet 2026. Rencontre avec notre nouveau pasteur pour découvrir la richesse de son parcours et sa vision pour son ministère en terre de « Samarie »*. (*les habitants de la Somme se nomment les Samariens)

Charles, peux-tu te présenter à tes paroissiens ?

Je suis né il y a quelques années déjà (!) au Togo. Marié à Peace, nous avons une fille, Séphora, âgée de 26 ans. J’ai suivi ma formation en théologie à la faculté de Porto-Novo au Bénin puis j’ai eu l’occasion de poursuivre mes études en Angleterre, à Birmingham, étant ministre de l’Église méthodiste du Togo. Après une spécialisation dans l’accompagnement pastoral, j’ai étudié le management dans l’Église. De retour au Togo, j’ai obtenu une maîtrise en philosophie puis un DEA à la faculté de Sciences politiques de Montpellier.

 

Quelles ont été les grandes étapes de ton ministère ?

J’ai débuté mon ministère pastoral en 1982 auprès des jeunes au Togo. A partir de 1992, j’ai été élu Secrétaire Exécutif à la Cevaa1. J’avais en charge l’animation théologique, les bourses d’étudiants et les échanges entre facultés de théologie. Par la suite, je me suis également occupé du programme des envoyés. Ces expériences m’ont donné l’occasion de beaucoup voyager sur tous les continents. Pendant les 13 ans passés à la Cevaa, j’ai aussi pu initier un projet avec l’Église vaudoise d’Italie qui s’intitulait « Être Église ensemble » et j’ai piloté un programme missionnaire auprès des Indiens Tobas dans le nord de l’Argentine.

 

As-tu poursuivi ta carrière internationale après la Cevaa ?

En effet, en 2005, j’ai été recruté par le Conseil Œcuménique des Eglises pendant dix ans en tant que théologien consultant auprès des Eglises protestantes d’Afrique francophone sur les programmes de lutte contre le VIH/Sida. L’enjeu était de construire une théologie positive qui ne soit pas dans la stigmatisation ni la condamnation des malades. J’ai pu également intervenir en Afrique anglophone, étant bilingue, sur les questions de genre et les violences faites aux femmes, en interrogeant la façon dont le masculin est construit dans les sociétés, car la libération de la femme est liée à la masculinité.

 

Et n’étais-tu pas trop éloigné des réalités de l’Église pendant cette période ?

Pas du tout car, avec l’accord du COE, étant basé à Lomé au Togo, j’ai pu soutenir l’Église Méthodiste du Togo qui traversait un épisode délicat, en assumant bénévolement la fonction de président de l’Église. Dans ce cadre, j’ai pu exprimer mes convictions liées aux enjeux de justice et de politique, si bien que j’ai été considéré comme opposant politique au pouvoir togolais en place.

Psaume 116

1 J’aime l’Eternel, car il entend Ma voix, mes supplications;
2 Car il a penché son oreille vers moi; Et je l’invoquerai toute ma vie.
3 Les liens de la mort m’avaient environné, Et les angoisses du sépulcre m’avaient saisi; J’étais en proie à la détresse et à la douleur.
4 Mais j’invoquai le nom de l’Eternel: O Eternel, sauve mon âme!
5 L’Eternel est miséricordieux et juste, Notre Dieu est plein de compassion;
6 L’Eternel garde les simples; J’étais malheureux, et il m’a sauvé.
7 Mon âme, retourne à ton repos, Car l’Eternel t’a fait du bien.
8 Oui, tu as délivré mon âme de la mort, Mes yeux des larmes, Mes pieds de la chute.
9 Je marcherai devant l’Eternel, Sur la terre des vivants.
10 J’avais confiance, lorsque je disais: Je suis bien malheureux!
11 Je disais dans mon angoisse: Tout homme est trompeur.
12 Comment rendrai-je à l’Eternel Tous ses bienfaits envers moi?
13 J’élèverai la coupe des délivrances, Et j’invoquerai le nom de l’Eternel;
14 J’accomplirai mes voeux envers l’Eternel, En présence de tout son peuple.
15 Elle a du prix aux yeux de l’Eternel, La mort de ceux qui l’aiment.
16 Ecoute-moi, ô Eternel! car je suis ton serviteur, Ton serviteur, fils de ta servante. Tu as détaché mes liens.
17 Je t’offrirai un sacrifice d’actions de grâces, Et j’invoquerai le nom de l’Eternel;
18 J’accomplirai mes voeux envers l’Eternel, En présence de tout son peuple,
19 Dans les parvis de la maison de l’Eternel, Au milieu de toi, Jérusalem! Louez l’Eternel!

Que retiens-tu de ces expériences ?

J’ai passé en tout 22 ans à la rencontre de différentes traditions chrétiennes, dans une perspective œcuménique, sur tous les continents. J’en retire nécessairement une très grande sensibilité à l’interculturalité et un souci « d’être Église ensemble », c’est-à-dire pas uniquement soigner l’accueil de ceux qui viennent à nous, mais construire ensemble une nouvelle façon d’être Église ensemble, à partir des richesses de chacun.

 

C’est donc ce qui guide désormais ton ministère en paroisse ?

Effectivement, à partir de 2015, j’ai souhaité reprendre un travail pastoral plus classique et j’ai été accueilli comme ministre de l’EPUdF. J’ai d’abord été nommé pasteur à Narbonne et Carcassonne pendant six ans, puis, Didier Crouzet qui était alors Secrétaire Général m’a appelé pour le poste de Douai et du Bassin minier car j’étais prêt à vivre un changement. Après cinq années de ministère dans le Nord, j’ai souhaité vivre un dernier ministère pastoral stimulant avant de partir en retraite. Patrice Fondja m’avait déjà parlé à plusieurs reprises du poste de la Somme. J’ai donc présenté ma candidature au Conseil presbytéral, et me voici !

 

Comment envisages-tu d’exercer ton ministère dans la Somme ?

Après un nécessaire temps d’exploration et d’adaptation, je souhaite en particulier fonctionner en équipe avec l’ensemble des membres du Conseil presbytéral. Pour moi, le CP est l’organe qui impulse et structure la vie de l’Église locale. J’espère encourager les paroissiens à être une Église dynamique qui donne envie aux uns et aux autres d’être là. Cela passe par une vie communautaire profonde, par des cultes de qualité et par l’organisation d’activités qui nourrissent la vie spirituelle de chacun. Ensuite, j’aimerais contribuer à ouvrir davantage l’Église sur la cité, par exemple en ouvrant le temple une fois par semaine sur le temps du déjeuner, pour une pause prière ou musicale. Bien sûr, je porte une attention particulière aux jeunes dans l’Église et j’aime aller à la rencontre des paroissiens lors de visites. Et je porte toujours la robe pastorale lors des cultes.

 

Une parole d’encouragement pour terminer ?

Pour illustrer mon cheminement personnel, j’apprécie le psaume 116 qui affirme « J’aime l’Éternel » puis explique pourquoi le psalmiste aime Dieu et invite les autres à se joindre à lui dans l’action de grâce et la reconnaissance de ce que Dieu apporte. C’est une bonne façon de résumer mon ministère : affirmer sa foi, dire pourquoi puis inviter les autres à se joindre dans la reconnaissance !

1 Cevaa – Communauté d’Eglises en mission créée en 1971 qui rassemble aujourd’hui 35 Eglises, dont l’EPUdF, sur les 5 continents

Contact